Application du Protocole de Londres
Réduction des coûts de traduction du brevet européen
Le "Protocole de Londres" (accord du 17 octobre 2000, pour l'application de l'article 65 CBE, Convention sur le Brevet Européen) concerne la traduction d'un brevet européen délivré.
Rappel en matière de droit des brevets européens
La Convention sur le Brevet Européen (CBE) dispose de trois langues officielles :
- le français,
- l'allemand et
- l'anglais,
Les brevets européens sont donc délivrés dans l'une de ces trois langues. Ensuite, pour avoir un effet juridique dans un état, un brevet européen délivré doit être validé (déposé) dans cet état. Jusqu'à la ratification du Protocole de Londres les états parties à la CBE exigent une traduction complète (description et revendications) dans leur langue nationale du brevet européen délivré (en France, L.614-7 CPI, Code de la Propriété Industrielle).
Ce sont ces procédures de traduction que le protocole de Londres vise à simplifier voire à supprimer.
Contexte général du protocole de Londres
Dans le contexte édicté par le Protocole de Londres, il faut distinguer les états dont la langue nationale est l'une des trois langues officielles de la CBE des autres états parties à la CBE.
Pour la validation nationale d'un brevet européen dans un état ayant comme langue nationale une des trois langues officielles (français, allemand ou anglais), aucune traduction du brevet européen ne sera requise (Article 1(1) du protocole de Londres). Par exemple un brevet européen délivré en langue allemande sera validé en France sans traduction.
Par contre les états parties au "Protocole de Londres" n'ayant pas comme langue nationale une des trois langues officielles devront choisir une langue, dite "langue prescrite", parmi les trois langues officielles. La validation du brevet européen dans cet état pourra être effectuée dans la langue prescrite choisie par cet état (Article 1(2)). Toutefois, ces états pourront exiger la traduction des revendications dans leur langue nationale (Article 1(3)).
Entrée en vigueur et position française
Le "Protocole de Londres" a été ratifié le 17 octobre 2007 par le Parlement français. L'entrée en vigueur du protocole devrait donc intervenir début 2008.
Etats signataires
Les états membres de la Convention sur le Brevet européen (CBE) ayant déjà ratifiés le "Protocole de Londres " sont :
| Etat partie à la CBE | Signataire | Langue nationale = langue officielle OEB ? | Langue prescrite si pas langue officielle OEB | Traduction des revendications si pas langue officielle OEB |
| Allemagne | oui | oui | | |
| Autriche | | | | |
| Belgique | | | | |
| Bulgarie | | | | |
| Chypre | | | | |
| Danemark | oui | non | Anglais | Oui (en Danois) |
| Espagne | | | | |
| Estonie | | | | |
| Finlande | | | | |
| France | oui | oui | | |
| Grèce | | | | |
| Hongrie | | | | |
| Irlande | | | | |
| Islande | | | | |
| Italie | | | | |
| Lettonie | | | | |
| Liechtenstein | Oui | oui | | |
| Lituanie | | | | |
| Luxembourg | Oui | oui | | |
| Monaco | Oui | oui | | |
| Pays-Bas | Oui | non | | |
| Pologne | | | | |
| Portugal | | | | |
| République slovaque | | | | |
| République Tchèque | | | | |
| Roumanie | | | | |
| Royaume-Uni | oui | oui | | |
| Slovénie | | | | |
| Suède | oui | non | Anglais | Oui (en Suédois) |
| Suisse | oui | oui | | |
| Turquie | | | | |
Remarque : il apparaît évident que, pour les pays non-signataires du Protocole de Londres, la traduction complète du brevet européen délivré reste exigible.
Contexte Particulier pour les déposants français
Les entreprises françaises déposent généralement une première demande en France et en langue française (R.612-8 CPI). Cette demande est ensuite étendue en Europe via la procédure du brevet européen.
Exemple d'un brevet européen délivré en langue française.
Que doit faire le déposant dans les états parties au Protocole de Londres ?
Quelle langue de procédure choisir pour la délivrance du brevet européen ? Le français ou l'anglais ?
Le Protocole de Londres n'a pas d'incidence sur ce choix puisqu'un brevet européen délivré en français pourra être validé sans traduction dans tous les états ayant ratifié le Protocole de Londres dont la langue nationale est soit l'anglais, soit le français, soit l'allemand, c'est-à-dire les sept pays suivants : l'Allemagne, la France, le Liechtenstein, le Luxembourg, Monaco, le Royaume-Uni et la Suisse.
Avant / Après pour les Tiers
Avant l'entrée en vigueur du Protocole de Londres tous les brevets européens validés en France sont traduits et accessibles en langue française.
Après l'entrée en vigueur du Protocole de Londres, un brevet européen rédigé en allemand ou en anglais sera automatiquement validé en France sans traduction en langue française. Il en découle pour les Tiers qu'ils devront effectuer une veille technologique dans les trois langues officielles. En cas de litige fondé sur un brevet européen, une traduction intégrale du brevet dans la langue nationale du pays du litige pourra être exigée par le tribunal auprès du propriétaire du brevet (Article 2).
En résumé !
Les sept pays (en gris sur le tableau ci-dessus) : Allemagne, France, Liechtenstein, Luxembourg, Monaco, Royaume-Uni et Suisse seront accessibles par le brevet européen sans traduction et on estime que le coût de la protection par pays serait ramené à environ 1000 Euros.
Sébastien BAYMONT
Cabinet PRUGNEAU-SCHAUB